
À compter du 1ᵉʳ novembre 2026, la retraite complémentaire des salariés et anciens salariés du secteur privé (Agirc-Arrco) progresse de +1,4 %.
Force Ouvrière a choisi de voter pour cette revalorisation. Un choix responsable qui mérite des explications claires face aux règles complexes de calcul, afin de comprendre pourquoi cette augmentation a été sécurisée sans pour autant renoncer à nos revendications de fond sur le pouvoir d’achat.
Qu’est-ce qui augmente concrètement ?
Pour rappel, la pension d’un salarié du privé se divise en deux parties :
- La retraite de base, versée par la Cnav / Carsat.
- La retraite complémentaire, gérée par l’Agirc-Arrco.
La hausse de 1,4 % s’applique exclusivement sur la valeur de service du point de la retraite complémentaire.
Exemples de gains mensuels bruts indicatifs :
- Complémentaire de 300 € : + 4,20 € (soit 304,20 €)
- Complémentaire de 500 € : + 7,00 € (soit 507,00 €)
- Complémentaire de 800 € : + 11,20 € (soit 811,20 €)
- Complémentaire de 1 000 € : + 14,00 € (soit 1 014,00 €)
(Montants bruts avant prélèvements sociaux individuels).
Pourquoi 1,4 % alors que l’inflation est estimée à 2 % ?
Il est indispensable de distinguer l’inflation réelle et les règles de gestion fixées par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) :
- La formule de l’accord : L’ANI ne prévoit pas un calque direct sur l’inflation. Il prend comme base l’inflation prévisionnelle hors tabac de l’Insee (estimée à 2 % pour 2026) et lui applique un « facteur de soutenabilité » de – 0,4 point, ce qui donne un taux de référence de 1,6 %.
- La marge de manœuvre : Le Conseil d’Administration de l’Agirc-Arrco dispose d’une marge d’ajustement de +/- 0,4 point, bornée par l’évolution du salaire moyen par tête (SMPT, estimé à 2 %). La fourchette de décision se situait donc entre 1,2 % et 1,9 %.
- La règle de la majorité : Selon les statuts du régime, une revalorisation exige une majorité d’administrateurs. Sans accord majoritaire, la revalorisation est tout simplement de 0 % — comme cela avait été le cas en 2025.
La position et le vote de Force Ouvrière
Face au risque d’une nouvelle année blanche qui aurait gelé les pensions et durement sanctionné les retraités, FO a pris ses responsabilités en votant pour cette hausse de 1,4 %.
- Sécuriser une progression concrète : Préférer un gain immédiat plutôt que zéro euro d’augmentation.
- Une hausse insuffisante mais indispensable : FO ne considère pas que 1,4 % suffise à compenser la hausse du coût de la vie. Voter pour ce compromis ne veut en aucun cas dire cautionner la perte de pouvoir d’achat.
- Le combat syndical continue : FO continue d’exiger une indexation pleine et entière des pensions sur le coût de la vie et la défense du pouvoir d’achat des actifs comme des retraités.
Pour toute question sur votre future retraite, vos droits ou la carrière chez Apprentis d’Auteuil, contactez vos délégués et militants FO.