Handicap : FO exige une véritable reconnaissance des salariés en situation de handicap

À Apprentis d’Auteuil, la négociation de l’accord Handicap 2026 ouvre une opportunité : celle de passer enfin d’une logique déclarative à une politique réellement inclusive, où les salariés en situation de handicap sont reconnus comme des professionnels à part entière. FO salue certaines avancées du projet, mais demande des engagements plus forts, plus concrets et plus protecteurs.

L’accord rappelle que « la question du handicap est intégrée au cœur dans notre stratégie » . FO prend acte de cette intention, mais souligne que la reconnaissance ne peut pas se limiter à des intentions : elle doit se traduire par des actes, des moyens et des obligations opposables.

1. Recruter mieux : l’employeur doit aller au-delà du minimum légal

Le projet d’accord affirme vouloir « poursuivre le recrutement de personnes en situation de handicap » et « recruter […] en fonction de leurs seules compétences » . FO soutient cette orientation, mais demande :

  • Des objectifs chiffrés de recrutement BOETH, région par région.
  • Un plan de diffusion systématique des offres sur les réseaux spécialisés (Agefiph, Cap Emploi, France Travail).
  • Des entretiens adaptés : visio, temps allongé, supports écrits, PMSMP.
  • Une formation obligatoire pour tous les recruteurs, comme prévu à l’article 4.2 : « un module spécifique […] intégré dans le parcours de formation » .

Pour FO, recruter une personne en situation de handicap n’est pas un geste charitable : c’est un acte de gestion responsable, qui enrichit les équipes et renforce la diversité professionnelle.

2. Intégrer dignement : l’employeur doit garantir des conditions de travail adaptées

L’accord prévoit que « tous les postes sont ouverts » et que des aménagements peuvent être matériels, organisationnels ou humains . FO exige que ces engagements deviennent :

  • Des obligations de moyens renforcées, avec délais de mise en œuvre.
  • Un diagnostic d’aménagement obligatoire avant toute prise de poste.
  • Un tuteur formé, identifié dès l’arrivée du salarié.
  • Une sensibilisation systématique de l’équipe, comme prévu à l’article 4.4 : « des actions de sensibilisation peuvent être organisées » — FO demande que cela devienne une obligation, pas une option.

La reconnaissance passe par des conditions de travail réelles, pas par des discours.

3. Accompagner dans la durée : prévenir l’inaptitude plutôt que la subir

Le projet d’accord prévoit des dispositifs utiles :

  • « rendez-vous de liaison » pour les arrêts longs,
  • « dispositif Previa »,
  • « Objectif Parcours Pro » pour les salariés en risque d’inaptitude .

FO soutient ces mesures, mais demande :

  • Un suivi obligatoire à 3, 6 et 12 mois pour tout salarié RQTH.
  • Un accès prioritaire à la formation, comme prévu à l’article 3.4.1 : « les demandes de formation […] feront l’objet d’une attention particulière » — FO demande que cette priorité soit formalisée et opposable.
  • Un plan de reclassement anticipé, avant toute procédure d’inaptitude.

Prévenir l’inaptitude, c’est protéger les salariés et éviter les ruptures brutales.

4. Reconnaître les droits : FO demande des avancées concrètes

Le projet d’accord prévoit une journée d’absence rémunérée pour démarches RQTH ou rendez-vous médicaux . FO demande d’aller plus loin :

  • 2 jours rémunérés par an, comme dans d’autres accords du secteur.
  • Prise en charge des frais non couverts (déplacements, matériel, consultations spécialisées).
  • Confidentialité renforcée, avec traçabilité des accès aux données sensibles.
  • 10 jours dédiés par an pour les référents Handicap, comme prévu dans l’accord, mais FO demande que ces jours soient garantis et sanctuarisés.

La reconnaissance passe par des droits concrets, pas par des intentions.

5. Sensibiliser toute l’organisation : une culture inclusive ne se décrète pas

L’accord prévoit des actions internes : livret, autodiagnostic, Semaine du Handicap, outils pour managers . FO demande :

  • Un plan annuel de sensibilisation, avec calendrier, budget et indicateurs.
  • Une formation obligatoire pour tous les managers, pas seulement « proposée ».
  • Une communication transparente sur les résultats : taux d’emploi, aménagements, recrutements.

Changer le regard sur le handicap, c’est un travail collectif, continu, structuré.

Conclusion : FO restera mobilisée pour obtenir un accord réellement protecteur

Le projet d’accord contient des bases intéressantes, mais FO exige :

  • Des engagements chiffrés,
  • Des obligations opposables,
  • Des moyens dédiés,
  • Un suivi transparent,
  • Une reconnaissance pleine et entière des salariés en situation de handicap.

Parce qu’un salarié en situation de handicap n’est pas un « cas particulier » : c’est un salarié comme les autres, avec des droits, des compétences et une place pleine dans l’entreprise.

FO continuera à porter cette exigence, avec détermination et responsabilité.