NAO 2026 : La Direction Générale qui prépare déjà le terrain ?

La dernière séance de négociation NAO a laissé une impression persistante : avant même d’aborder les revendications, la Direction s’est surtout attachée à expliquer… pourquoi elle ne pourrait ni augmenter les salaires, ni améliorer les conditions de travail, ni soutenir le pouvoir d’achat.

Dès l’ouverture, un long préambule a été consacré aux « contraintes financières » qui pèseraient sur la Fondation cette année. Une manière de cadrer le débat avant qu’il ne commence réellement.

Des arguments budgétaires mis en avant d’entrée de jeu

La Direction a notamment insisté sur plusieurs points :

  • la baisse du calcul des IJSS, qui représenterait selon elle un surcoût de 500 000 € pour l’employeur ;
  • la réforme de la taxe apprentissage, auparavant exonérée, qui coûterait 1,5 million d’euros supplémentaires ;
  • le financement des engagements pris dans les accords GEPP et dans le projet stratégique.

Autrement dit : avant même d’aborder les revendications salariales, la Direction déroule la liste de ce qui viendrait réduire les marges de manœuvre.

Pour FO, le message est clair : quand on commence une NAO en expliquant tout ce qui coûte, chacun comprend ce que cela prépare.

FO interpelle : “Êtes‑vous en train de nous dire qu’il n’y aura rien ?”

C’est exactement ce qu’a souligné FO en séance :

« Êtes‑vous en train de nous dire qu’il n’y aura rien ? »

Le syndicat a rappelé que présenter les choses de cette manière revient à préparer les esprits à l’absence de mesures. La DRH s’est défendue de cette intention… tout en précisant qu’il n’y aurait pas de meilleure enveloppe que l’an passé.

Dans le même temps, la Direction a refusé de donner la moindre estimation chiffrée, prétextant que l’an dernier une enveloppe annoncée n’avait pas été suivie d’effet. Résultat : aucun engagement, aucune visibilité, et des salariés priés d’attendre.

Revendications : quelques réponses, beaucoup de renvois

Toutes les revendications n’ont pas encore été étudiées, mais voici les premières réponses :

  • Pneus neige : refus catégorique, au motif que les salariés les utiliseraient aussi dans leur vie personnelle.
  • Aide au financement d’un fauteuil roulant : renvoi à de futures discussions dans le cadre de l’accord handicap.
  • Prime panier des surveillants de nuit : ouverture possible à 7,50 €, correspondant au plafond URSSAF. La Direction ne semble pas fermée.

Un choix imposé : augmentation générale ou mesures ciblées

Point majeur : la Direction a clairement indiqué que si une augmentation générale devait être retenue, il n’y aurait sans doute pas d’autres mesures en parallèle.

Une manière d’opposer les revendications entre elles, dans une logique purement comptable que FO conteste fermement. Les NAO ne sont pas un exercice de restriction, mais un moment pour reconnaître l’engagement des salariés qui font vivre la Fondation au quotidien.

FO restera mobilisée

Les NAO ne sont pas terminées. Rien n’est joué. Mais FO constate que la Direction semble davantage préoccupée par la justification de ses contraintes que par la valorisation du travail des équipes.

FO continuera de porter des revendications claires, cohérentes et ambitieuses, et ne laissera pas la Direction enfermer les négociations dans un cadre déjà verrouillé.