Présenté en décembre dernier aux assistantes de direction faisant fonction de relais RH en Normandie, ce projet national vise, selon la direction, à « mutualiser » les fonctions RH sur tous les établissements. En réalité, le constat sur le terrain est tout autre : il s’agit de faire plus, avec moins de personnel, au détriment des conditions de travail et de la santé des salariés.
Dès son annonce, cette réorganisation sur la Fondation a généré une profonde angoisse sur les sites, avec des conséquences humaines immédiates : départs, résignation face aux pressions et arrêts de travail. Voilà le bilan humain provisoire du projet RH.
Le cas de Rouen : La réalité des chiffres face au projet « RH 360 »
La mise en œuvre ayant été fixée au 1er avril 2026, notre collègue, relais RH à la MECS de Rouen, s’est retrouvée face à une alternative inacceptable : accepter le nouveau poste « RH 360 » ou voir ses missions reléguées à des tâches de secrétariat basique.
Fin mars, lors d’un entretien crucial réunissant la direction de l’établissement, la direction régionale et le Délégué Syndical Central FO, la réalité du projet « RH 360 » a été détaillée pour la salariée :
- Une explosion de la charge de travail : gestion de près de 80 contrats supplémentaires sur un autre site, s’ajoutant aux 175 contrats déjà suivis à Rouen (soit 255 contrats à gérer seule).
- Une dégradation des conditions de vie : la suppression d’une journée de télétravail.
- De la fatigue routière : un déplacement hebdomadaire obligatoire représentant 136 km aller-retour.
- Une absence de reconnaissance : aucune revalorisation salariale, aucun changement de statut socio-professionnel (alors que le statut cadre est appliqué sur d’autres sites pour des missions similaires).
Face à ce constat, l’unique argument de la direction a été d’évoquer une prétendue « montée en compétences ». Un argument d’un profond cynisme quand il s’adresse à une collègue dotée d’une solide et irréprochable expérience professionnelle !
L’intervention de FO rétablit le droit au choix
C’est à la toute fin de l’entretien, face aux questions précises du Délégué Syndical Central FO, que la direction régionale a fini par admettre une option essentielle : en cas de refus global des propositions, notre collègue conservait l’intégralité de son poste actuel.
Le constat de FO est sans appel : cette information cruciale n’a pas été communiquée pendant des mois, maintenant une pression maximale sur les équipes et leur laissant croire qu’elles n’avaient aucun choix. Si cette option de maintien dans l’emploi avait été présentée de manière transparente dès le départ, les équipes n’auraient pas vécu cette réorganisation dans une telle détresse.
Ne subissez plus, syndiquez-vous !
La gestion du projet RH 360 est le parfait exemple du fossé qui sépare les tableurs Excel des directions de la vie réelle des salariés. Le management par le manque d’information et la pression est intolérable.
Cet exemple prouve une chose essentielle : face aux projets de réorganisation, l’isolement est un danger, l’accompagnement syndical est une force. Grâce à l’intervention de FO, les droits de notre collègue ont été préservés.