Et si nous arrêtions… : de la communication bien rodée, mais rien dans l’assiette des salariés !

Sur l’intranet de la Fondation, la direction générale s’est fendue d’un nouveau mot d’ordre : « Et si nous arrêtions… ». Une belle formule, sans doute ciselée pour faire réagir. Mais sur le terrain, une question bien plus terre-à-terre se pose immédiatement : quelles réponses concrètes apporte-t-on à celles et ceux qui font tourner la boutique au quotidien ?

Le grand écart : décision unilatérale au rabais et pétition en ligne

Rappelons les faits. Lors des NAO 2026, la direction s’est illustrée par un procès-verbal de désaccord, préférant imposer une décision unilatérale au rabais plutôt que de répondre à l’urgence sociale. Et aujourd’hui, cette même direction invite les salariés à cliquer pour signer une pétition adressée aux pouvoirs publics.

À FO Apprentis d’Auteuil, nous le disons tout net : la reconnaissance de l’engagement des professionnels ne s’achète pas d’un clic de souris.

Signer une pétition ou diffuser un clip institutionnel ne bouscule en rien le quotidien des structures et ne contraint nullement l’État ou les départements. Seules des mobilisations concrètes des blocages ou des arrêts coordonnés de la prise en charge sont en mesure de créer le rapport de force nécessaire pour imposer de véritables arbitrages budgétaires.

L’arbre des budgets qui cache la forêt de la précarité

Dans ces campagnes institutionnelles, l’accent est systématiquement mis sur les moyens des associations ou fondation et les budgets de fonctionnement. Les enjeux réels des salariés sont, eux, relégués au second plan :

  • Les salaires nets, laminés par l’inflation ;
  • Les ratios d’encadrement, qui s’effondrent dans les établissements ;
  • La pénibilité et l’usure professionnelle, ignorées au nom de la continuité de service.

En coulisses, les fédérations d’employeurs comme l’Uniopss participent aux concertations et mènent les négociations de la CCUE (Convention collective unique étendue). Mais pour quels résultats ? Elles acceptent et appliquent des logiques gestionnaires délétères (tarification à l’activité, CPOM) rejetées unanimement par les professionnels de terrain.

Le « deux poids, deux mesures » face à la mobilisation

Le décalage de la direction ne s’arrête pas aux mots : il s’observe dans les actes.

Lorsque les salariés ont débrayé et fait grève pour les oubliés du Ségur ou pour la défense de nos retraites, la direction de la Fondation s’est bien gardée de la moindre indulgence : pas une seule heure de grève n’a été prise en charge, réprimant financièrement l’expression légitime de nos revendications. En revanche, lorsqu’il s’est agi de rejoindre une manifestation impulsée par… l’Uniopss, les heures ont subitement été neutralisées et prises en charge.

Quand l’appel vient des fédérations patronales pour plaider des budgets de gestion, la direction facilite la mobilisation. Mais quand les salariés se battent pour leurs salaires, leur santé ou leur fin de carrière, c’est le porte-monnaie qu’on sanctionne !

L’urgence est dans la feuille de paie et sur le terrain

La reconnaissance des salariés des Apprentis d’Auteuil ne se négocie pas par procuration à travers des campagnes institutionnelles bienveillantes :

  • Elle passe d’abord par une vraie augmentation générale des salaires nets, financée et actée au sein de notre fondation.
  • Elle passe par des effectifs suffisants pour encadrer dignement les jeunes et les familles sans s’épuiser.
  • Elle passe par le respect et le soutien sans complaisance à toutes les mobilisations syndicales de terrain, seules à même d’instaurer un rapport de force durable.

Arrêtons l’illusion de la communication, passons au rapport de force.

Rejoignez et soutenez FO Apprentis d’Auteuil.