
Avec le changement climatique, les épisodes de canicule et de fortes chaleurs ne sont plus des événements exceptionnels, mais un risque professionnel récurrent. Chez Force Ouvrière, nous rappelons fermement que la météo ne doit pas mettre en danger la santé des travailleurs. Face au thermomètre qui grimpe, l’employeur a des obligations légales strictes. Salariés et élus du CSE, voici vos leviers pour agir.
Côté Salariés : Vos droits et réflexes face à la canicule
L’article L4121-1 du Code du travail est clair : l’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Les fortes chaleurs ne dérogent pas à la règle.
Les obligations de l’employeur à exiger immédiatement :
- De l’eau fraîche et à volonté : C’est la base. Dans le BTP, la loi impose au moins 3 litres d’eau par jour et par travailleur.
- L’aménagement du temps de travail : Décalage des horaires (commencer plus tôt le matin), augmentation de la fréquence des pauses dans un endroit frais.
- Le rafraîchissement des locaux : Ventilation correcte ou climatisation. En extérieur, mise à disposition de zones d’ombre ou de locaux de repli.
- La protection des plus vulnérables : Interdiction stricte d’affecter des jeunes de moins de 18 ans à des travaux les exposant à des températures extrêmes. Vigilance accrue pour les femmes enceintes et les collègues souffrant de pathologies chroniques.
Le droit de retrait : Si vous estimez que la chaleur présente un danger grave et imminent pour votre vie ou votre santé (absence totale d’eau, malaise d’un collègue, température étouffante sans ventilation), et que l’employeur refuse d’agir, vous pouvez exercer votre droit de retrait. Aucune sanction ni retenue de salaire ne peut être appliquée si le motif est raisonnable.
Côté Élus du CSE : Activez les leviers FO
Depuis le décret de mai 2025, la réglementation a été durcie. Les risques liés aux « épisodes de chaleur intense » doivent obligatoirement figurer dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Les élus FO doivent veiller au grain.
Vos outils syndicaux en action :
- Contrôler le DUERP : Exigez sa communication et vérifiez que le risque thermique y est bien inscrit, avec des seuils de vigilance alignés sur Météo-France (jaune, orange, rouge).
- Déclencher l’alerte en réunion : Si les mesures de l’employeur sont insuffisantes au-delà de 28°C en extérieur ou 30°C dans les bureaux (seuils recommandés par l’INRS), inscrivez le point en urgence à l’ordre du jour du CSE ou de la CSSCT.
- Le droit d’alerte CSE : En cas de carence manifeste de la direction face à un risque grave (locaux inadaptés, début de coup de chaleur chez un salarié), un élu FO peut déclencher un droit d’alerte pour danger grave et imminent (article L4131-2). L’employeur est alors contraint de mener une enquête immédiate avec l’élu.
Besoin d’aide sur votre lieu de travail ? N’attendez pas le coup de chaleur. Contactez immédiatement vos délégués et élus FO pour faire respecter vos droits. La santé au travail n’est pas négociable !