
Reçue en ouverture des consultations au ministère du Travail et des Solidarités par une délégation confédérale conduite par Frédéric Souillot, Patricia Drevon et Franck Mary-Montlaur, Force Ouvrière a rappelé une évidence : seule une revalorisation générale et pérenne des salaires permettra de préserver le pouvoir d’achat des salariés du public comme du privé.
Face au retour de l’inflation, FO a mis le gouvernement devant ses responsabilités et présenté ses revendications clés.
1. Un SMIC à 80 % du salaire médian
Alors que le SMIC est fixé à 1 867,02 € brut (12,31 €/h) depuis le 1ᵉʳ juillet, FO exige un véritable « coup de pouce » pour atteindre 80 % du salaire médian, soit 1 752 € net (2 215 € brut), représentant une hausse nécessaire de 18,6 %. FO réclame également la suppression du comité d’experts pour rétablir une véritable négociation collective.
2. Conditionner les aides publiques et sanctionner le tassement des grilles
Au deuxième trimestre 2026, 69 % des accords de branche ont plafonné les hausses entre 1 % et 2 %. Pire encore : au 1ᵉʳ juin 2026, 70,4 % des branches (126 sur 179) affichaient des minima conventionnels inférieurs au SMIC. FO revendique la parution immédiate du décret conditionnant les aides publiques aux branches en retard et exige de lier l’ensemble des exonérations fiscales à l’ouverture obligatoire de négociations salariales.
3. Retour de l’échelle mobile des salaires
Pour stopper la perte de pouvoir d’achat face aux prix qui flambent, FO demande l’abrogation de l’article L.3231-3 du Code du travail afin de réinstaurer l’indexation automatique des salaires sur l’inflation, tout en préservant la négociation collective de branche et d’entreprise.
4. Fonction publique et secteur social : dégel et reconnaissance
Dans la fonction publique, FO revendique :
- Le dégel et la hausse significative de la valeur du point d’indice ;
- La refonte des grilles et le rétablissement de la GIPA ;
- L’abrogation du jour de carence et le maintien intégral du traitement en arrêt maladie ;
- Des augmentations salariales pour les agents des organismes sociaux, de France Travail et délégataires de service public.
5. Mesures d’urgence sur le coût de la vie
Face aux charges quotidiennes qui asphyxient les ménages, FO exige des actes immédiats :
- Le plafonnement des carburants à 1,50 € et le blocage des dérives spéculatives sur le gaz ;
- La généralisation de la prise en charge obligatoire des frais de transport et la réévaluation du barème kilométrique ;
- L’élargissement de l’encadrement des loyers ;
- Le relèvement des plafonds des titres-restaurant, primes de panier et forfaits repas.
- FO revendique une négociation pour les salariés contraints d’utiliser leur véhicule personnel avec une compensation spécifique pour le prix du carburant.
Pour FO, le compte n’y est pas. Première organisation reçue au ministère, FO attend désormais des réponses concrètes et rapides du gouvernement. Le pouvoir d’achat ne se négocie pas à la baisse !