
Austérité pour les salariés et collaborateurs sur le terrain : où va l’argent de la Fondation ?
La Direction générale a officialisé l’échec de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) 2026 en imposant quatre mesures unilatérales. Si aucun accord n’a été signé par les organisations syndicales, et particulièrement par FO, c’est pour un motif évident : ces mesures constituent une aumône face à l’inflation et masquent une dérive budgétaire intolérable.
En publiant un article sur Zidore sans même prendre la peine d’échanger sur ce PV de désaccord avec nos organisations, la Direction démontre une nouvelle fois son mépris envers les syndicats représentatifs et majoritaires que sont FO et la CFDT.
1. Des miettes pour celles et ceux qui sont au front
Pendant que les équipes de terrain (éducateurs, surveillants de nuit, maîtresses de maison, administratifs, services généraux, assistants familiaux) absorbent la crise du secteur et le manque chronique de bras, la Direction répond par du mépris social :
- Une Prime de Partage de la Valeur (PPV) au rabais : 250 € bruts (indices ≤ 616) ou 100 € bruts, le tout raboté au prorata des absences et du temps de travail. Une prime ponctuelle ne remplace pas un salaire, ne compte pas pour la retraite et ne compense aucune perte de pouvoir d’achat.
- L’arbitraire et la division : Une enveloppe fermée de 0,5 % réservée au « mérite » de certains cadres dirigeants, actant l’individualisation des rémunérations au détriment des hausses collectives.
- Le pansement sur la jambe de bois : Étendre les indemnités de remplacement inopiné acte simplement la dégradation continue des conditions de travail et la gestion de crise permanente.
2. Deux poids, deux mesures : les véritables priorités de la Direction
L’argument officiel du « contexte économique contraint » s’effondre devant la réalité des arbitrages financiers de la Fondation :
- Des projets immobiliers à plus de 200 millions d’euros : La trésorerie existe dès qu’il s’agit d’investir dans la pierre ou la vitrine des locaux du siège, mais s’évapore quand il s’agit des salaires.
- Inflation managériale dans les DR et au siège : Les postes de cadres et de managers prolifèrent dans les strates centrales alors qu’on exige des établissements qu’ils serrent les vis et baisse les frais de siège.
- Des privilèges préservés et revalorisés : Flottes de véhicules de fonction en hausse et soutiens financiers pour les logements de fonction selon la composition familiale pour une minorité, pendant que les salariés de terrain peinent à payer leur loyer et leur carburant pour venir travailler.
Ce ne sont pas les finances qui manquent, ce sont les priorités qui sont dévoyées. Les équipes de terrain paient les pots cassés d’une bureaucratisation galopante.
3. Les revendications fermes de Force Ouvrière
FO ne cautionnera jamais ce fonctionnement à deux vitesses. L’argent doit aller en priorité aux missions d’accueil et d’accompagnement, ainsi qu’aux salariés qui les font vivre au quotidien.
Face aux décisions unilatérales, restons mobilisés. Pour défendre votre pouvoir d’achat et vos conditions de travail : rejoignez et soutenez FO !
Ci-dessous les mesures unilatérales de la Direction Générale :
- Une Prime de Partage de la Valeur (PPV) au rabais : 250 € ou 100 €, c’est non !
- Verser une prime ponctuelle de 250 € bruts (pour les indices ≤ 616) ou 100 € bruts (pour les autres), c’est verser une aumône ! Pour rappel FO revendiqué 450 euros.
- Pire : cette prime est soumise à prorata temporis et d’absence.
- La position constante de FO : Une prime n’est pas un salaire. Elle n’est ni pérenne, ne compte pas pour la retraite, ni pour le chômage, et ne compense en rien la perte continue de pouvoir d’achat subie ces dernières années.
- 0,5 % d’enveloppe au mérite pour certains cadres : diviser pour mieux régner !
- Une enveloppe restrictive et sélective qui favorise l’arbitraire et l’individualisation des rémunérations au détriment de hausses collectives et garanties. Quels sont les critères objectifs pour les salariés Cadres.
- Remplacement inopiné et Ségur apprentis : de simples ajustements techniques
- L’extension du remplacement inopiné répond avant tout à une crise aiguë de sous-effectif et de désorganisation dans les établissements. C’est le pansement sur une jambe de bois.
- Quant à la prime Ségur pour les apprentis, c’est une mise en conformité de justice minimale, pas un cadeau de la Direction.
- Suppression dans cette mesure l’augmentation de la prime inopiné
- La santé financière de la Fondation : où va l’argent ?
- La Direction invoque un « environnement économique contraint ». Or, les comptes, réserves et arbitrages budgétaires de la Fondation montrent que des marges de manœuvre existent.
- Pourquoi l’austérité budgétaire s’applique-t-elle toujours aux salaires des premières et premiers de corvée (éducateurs, surveillants, maîtresses de maison, administratifs, services généraux, assistants familiaux) alors que les charges de la vie courante continuent d’augmenter ?
4. Ce que FO revendiquait et continuera d’exiger :
- Une augmentation générale des salaires : Hausse de la valeur du point pour TOUTES et TOUS, sans distinction de statut.
- Le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat cumulées avec l’inflation.
- L’alignement et l’octroi réel du Ségur / prime Laforcade pour 100 % des oubliés sans exception.
- Des embauches fermes et pérennes pour cesser le recours systématique aux remplacements d’urgence dans des conditions dégradé et le gonflement des effectifs de structure au siège et en DR.
5. Restons mobilisés !
La Direction tente aujourd’hui de faire passer des décisions unilatérales minimalistes pour de la bienveillance managériale.
Ne soyons pas dupes : l’absence d’accord démontre le front uni de FO et de la CFDT par le refus des deux organisations syndicales majoritaires d’entériner la baisse programmée du pouvoir d’achat des salariés.
FO restera vigilant sur l’application de ces mesures (versement d’octobre et de décembre 2026) et continuera, dans toutes les instances (CSE, CSEC) et sur le terrain, à porter la seule revendication légitime : un vrai salaire pour un vrai travail !
N’oublions pas l’augmentation des droits d’alerte sur les conditions de travail.
Pour défendre vos droits et votre pouvoir d’achat : rejoignez et soutenez Force Ouvrière.
En publiant unilatéralement son article sur l’intranet Zidore, sans même prendre le temps d’échanger sur le procès-verbal de désaccord avec les syndicats représentatifs, la Direction démontre une nouvelle fois son mépris envers les représentants des salariés et l’ensemble du personnel.
Ce refus d’entendre la détresse du terrain ne restera pas sans réponse. Faut-il aller jusqu’à l’arrêt de travail et la grève pour être enfin considérés et respectés, comme à l’époque où les organisations syndicales pesaient réellement sur l’ouverture des NAO