
La séance de négociation annuelle obligatoire (NAO) du 1er juillet s’est ouverte en présence de la Directrice des Ressources Humaines, de la Directrice des Relations Sociales, de la Directrices Juridiques et Sociales et de leurs collaborateurs. Mais l’ambiance était déjà lourde. Dès le lundi précédent, une lettre intersyndicale (FO – CFDT – CFTC) avait été envoyée à la direction pour manifester notre profond mécontentement face au blocage de la réunion précédente, où les revendications légitimes de nos organisations syndicales avaient été purement et simplement balayées.
Quelles sont les « propositions » de la direction face à la crise du pouvoir d’achat ? Jugez plutôt :
- 0,4 % d’augmentation globale pour les non cadres (avec une revalorisation de la prime inopinée et possible aux autres familles métiers).
- 1 % d’Augmentation en AIC pour les cadres mais ne garantit pas une augmentation à tous les cadres.
Face aux arguments de prudence budgétaire et de gestion des risques que l’on nous avance, FO rappelle sa parfaite lucidité quant à l’évolution de nos secteurs social et scolaire.
Deux poids, deux mesures : de l’argent pour le siège, une explosion des budgets régionaux, et seulement des miettes pour les salariés !
Chez FO, nous sommes en colère et beaucoup d’incompréhension quand on veut fidéliser les salariés et réduire fortement l’absentéisme. Comment accepter de telles propositions alors que les salariés voient la fondation faire des choix budgétaires totalement déconnectés de leur quotidien ?
- D’un côté, des millions d’euros sont injectés dans un projet immobilier exorbitant pour le siège social et dans le financement d’une association affiliée à Mayotte.
- De l’autre, les salariés d’Apprentis d’Auteuil — qui portent la fondation à bout de bras — ne voient jamais la couleur de ces investissements, alors même que le résultat financier de la fondation est positif de plusieurs millions d’euros !
Les excuses de la Direction : la technique du rétroviseur
Pour justifier ce gel de fait des salaires, la direction nous oppose toujours les mêmes arguments :
- Le refus des départements de prendre en compte les augmentations de salaires.
- La prétendue position de blocage des directeurs de régions et d’établissements.
- Le refrain habituel : « Vous êtes mieux payés que la Convention 66 ».
La réponse factuelle de FO : Rétablissons la vérité !
Face à ces arguments, FO a rétorqué par des faits concrets et indiscutables. On ne peut pas comparer les salaires à la baisse en ignorant le temps de travail global, le droit syndical et l’évolution des carrières. L’opposition aux arguments de la direction doit se faire sur l’ensemble de nos conditions :
| Conditions de travail et droits | Apprentis d’Auteuil | Convention 66 (CCN66) |
| Régime horaire hebdo | Nous finançons nos JRTT en faisant 39h ! | Ils sont directement aux 35 heures |
| Temps de travail annuel | 1575 heures / an | Moins d’heures (grâce aux congés) |
| Congés Trimestriels (CT) | 0 CT | 18 CT par an |
| Indemnité d’internat | Non | Oui (+10 à +12 points de coefficient soit ~50€ brut/mois) |
| Droit Syndical (Conseil, congrès…) | Rationné au minimum | 10 jours de Conseil syndical + jours de congrès |
Le calcul du temps de travail est sans appel :
Là où les collègues de la CCN 66 sont directement aux 35 heures, nous devons travailler 39 heures par semaine pour financer nous-mêmes nos propres JRTT !
De plus, à cause de l’absence de ces 18 jours de Congés Trimestriels, nous travaillons 1 mois de plus par an que nos collègues sous Convention 66 ! Pour un salarié fidèle à la fondation depuis 24 ans par exemple, ce différentiel représente 2 ans de travail en plus, offerts gratuitement, soit l’équivalent de deux ans de salaire ou de congés perdus. C’est une injustice flagrante !
Ajoutons à cela que la CCN 66 valorise les contraintes d’internat par une majoration directe de 10 à 12 points de coefficient (soit environ 50 € brut de plus par mois avec les sujétions). Chez Apprentis d’Auteuil ? C’est une énième ligne à zéro euro pour les salariés concernés !
Et ne parlons même pas du droit syndical, lui aussi largement sacrifié chez Apprentis d’Auteuil alors que la CCN 66 sanctuarise des droits clairs pour la démocratie sociale, notamment les 10 jours de conseil syndical et les jours spécifiques pour assister aux congrès.
Et côté salaire ? Zoom sur la majoration d’ancienneté de la CCN 66 !
La direction prétend que nous sommes mieux payés ? C’est n’est pas vraiment vrai sur le long terme. Pour rappel, la Convention 66 prévoit également une majoration d’ancienneté intégrée dans le salaire, selon un barème progressif et automatique qui valorise réellement la fidélité :
- 2 % après 3 ans | 5 % après 6 ans | 8 % après 9 ans | 10 % après 12 ans
- 12 % après 15 ans | 15 % après 20 ans | 18 % après 25 ans | 20 % après 30 ans
Le constat est sans appel : À 15 ans d’ancienneté, un salarié sous CCN 66 bénéficie automatiquement d’une majoration de 12 % de son salaire de base. Où est une telle reconnaissance de la fidélité et de l’expérience chez Apprentis d’Auteuil avec nos 0,4 % d’augmentation ?
FO reste mobilisé et ne lâchera rien !
La direction doit cesser de se cacher derrière les financeurs extérieurs pour masquer ses propres choix politiques et budgétaires. Valoriser les projets immobiliers au détriment de l’humain, du temps de travail réel et des professionnels du terrain est un choix inacceptable.
FO continuera de porter haut et fort vos revendications pour une véritable reconnaissance de votre travail, de votre fidélité, de vos droits syndicaux et de votre engagement au quotidien !
Restons unis et mobilisés pour la suite des négociations.
Pour vous faire une idée plus précise, je vous invite à consulter la Convention Collective Nationale du 15 septembre 1966 ci-jointe. À des fins de comparaison avec celle de notre fondation, vous constaterez que notre propre convention comporte elle aussi des points forts mais inférieur sur certaines dispositions :
En exemple notre convention collective bénéficie de 6 jours de ressourcement pour les éducateurs calculer sur l’ancienneté et de trois jours pour les cadres qui n’existe dans aucune autre convention collective.