
Un budget de plusieurs millions d’euros… mais à destination de qui et pourquoi ?
La direction affiche fièrement ses chiffres pour la période 2027-2031 sur le plan de développement des compétences : plusieurs millions d’euros investis et un taux d’effort de formation représentant 6,10 % de la masse salariale. Nous reconnaissons les efforts sur la formation dépassant l’obligation légale.
À première vue, la vitrine est belle. Mais pour FO, un budget élevé ne constitue pas, à lui seul, une garantie d’efficacité ni de justice sociale. Derrière le discours sur l’Intelligence Artificielle ou la santé mentale, la réalité du terrain pour de nombreuses catégories de salariés n’est pas assez représenté sur ce budget en réalisé pour les familles AES et Pédagogique.
L’avis du CSEC met en lumière des manques en formation. FO, donne son avis et demande du concret !
Le tour de passe-passe des APP et de la sensibilisation : Rendons le budget formation sincère !
Depuis trop longtemps, la direction utilise les Analyses de Pratiques Professionnelles (APP) pour gonfler artificiellement son enveloppe formation. Ne nous trompons pas : les APP sont des espaces indispensables de soutien aux équipes et de Qualité de Vie au Travail (QVT). Dans nos métiers de la protection de l’enfance, l’analyse des pratiques constitue d’ailleurs une obligation professionnelle.
Cependant pour FO, juridiquement, ce ne sont pas des actions de formation ! Elles n’ont ni objectifs pédagogiques formalisés, ni parcours structuré, ni évaluation des acquis.
FO va plus loin : les modules sur la cybersécurité ou les Risques Psychosociaux (RPS) ne sont pas de la formation, mais de la sensibilisation ou des obligations légales de sécurité de l’employeur ! En les maintenant de force dans le budget formation, la direction masque les investissements réellement consacrés aux formations qualifiantes, diplômantes ou de réelle adaptation au poste.
- FO réclame le retrait définitif des APP, de la cybersécurité et des RPS du Plan de développement des compétences. Les dépenses liées aux APP doive relever d’une ligne budgétaire dédiée, distincte de la formation (par exemple au titre de la QVT ou du fonctionnement) afin d’assurer une transparence totale.
Des chiffres alarmants : trop de salariés privés de formation
C’est la douche froide de cet avis du CSEC : l’analyse des volumes prévisionnels révèle de profondes inégalités entre les familles professionnelles.
En moyenne, les Accompagnants Éducatifs et Sociaux (AES) ne bénéficieraient que d’environ 17 heures de formation par an. Pire encore, les personnels pédagogiques tombent à seulement 11 heures par an. Et rappelons que ces miettes intègrent déjà les heures passées en APP ! Comment peut-on prétendre accompagner les professionnels face aux mutations de nos métiers avec un temps de formation aussi dérisoire ?
- FO réclame un plan correctif pour garantir un accès équitable et digne à la formation pour ces salariés, avec un suivi annuel strict.
VAE : un levier historique à préserver et à libérer !
Depuis deux décennies, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) a permis à des centaines de professionnels de faire reconnaître leurs compétences, d’obtenir un diplôme, de consolider leur parcours et de s’affirmer comme acteurs pleinement légitimes du secteur social. Ce travail patient, exigeant et profondément humain a contribué à professionnaliser notre institution, en renforçant la qualité des accompagnements et la cohérence des pratiques.
FO reconnaît pleinement son poids dans l’institution et sa qualité auprès des salariés. Cependant, la VAE ne doit pas être le seul mode pour qualifier un salarié, d’autant plus que le CSEC note une baisse continue du nombre de salariés accompagnés.
- FO demande d’assouplir ou interroger les règles d’accompagnement. Nous exigeons une vérification stricte pour s’assurer que certains managers ne fassent pas barrage ou n’imposent pas des priorités arbitraires. L’accès au dispositif doit reposer sur des critères objectifs : l’ancienneté, l’engagement et les compétences professionnelles du salarié, sans favoritisme.
Former c’est bien, reconnaître et payer, c’est mieux !
Pour la direction, la formation semble trop souvent se limiter à un simple outil d’adaptation immédiate au poste de travail. Pour FO, la formation doit être un levier d’évolution professionnelle et de progression de carrière en lien avec un accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels et métiers.
Aujourd’hui, nous constatons une baisse continue du nombre de salariés accompagnés en VAE, des critères opaques pour l’évolution dans la grille FENC (notamment le passage du niveau 2 au niveau 3), et aucune visibilité sur les modalités d’évolution salariale des AES. De plus, FO constate au quotidien des glissements de tâches incessants entre les maîtresses de maison, les surveillants de nuit et les éducateurs, sans aucune reconnaissance.
- FO revendique qu’à chaque compétence acquise, qu’à chaque mission complémentaire exercée, corresponde une revalorisation concrète sur le bulletin de paie !
LES EXIGENCES DE FO APPRENTIS D’AUTEUIL
- Un budget formation transparent : Exclure les APP, les RPS et la cybersécurité du budget formation afin d’identifier clairement les investissements réellement consacrés aux vraies formations.
- Un plan d’urgence « AES et Pédagogie » : Augmenter massivement le nombre d’heures de formation pour ces personnels sous-dotés.
- Des moyens pour partir sereinement : Planifier et financer les moyens humains nécessaires pour remplacer les salariés lorsqu’ils partent en formation. Pas question de surcharger les collègues restants !
- La reconnaissance financière : La formation doit se traduire par une progression de carrière et une augmentation salariale. Nos compétences ont de la valeur, la direction doit les payer !
Équilibre et moyens : Assurer l’avenir des salariés jusqu’en 2031
- Alerte sur le « vase clos » : FO revendique la valorisation de nos formateurs internes, mais alerte sur le risque de tourner en rond. Nous exigeons le maintien d’un équilibre avec des expertises externes pour garantir l’innovation pédagogique, confronter les pratiques et éviter de vivre en autarcie avec des fonctionnements uniquement internes et sans apport d’autres horizons.
- Fin de la surcharge sur le terrain : De grandes ambitions sans moyens ne restent que des promesses. FO exige que la direction chiffre précisément les moyens humains pour remplacer les salariés en formation. Ce n’est pas aux collègues restés sur le terrain de subir une surcharge de travail !
- Le message de FO : Nous partageons les ambitions de ce plan, mais nous refusons le manque de reconnaissance de l’engagement des salariés. FO restera vigilante et combative pour que chaque euro investi se traduise concrètement par du bien-être au travail, de nouvelles compétences et une augmentation de votre pouvoir d’achat. L’utilisation et la mise en œuvre du plan de formation augmente en qualité d’accompagnement et à valoriser.
Les élus FO du CSEC ont voté favorablement à l’information/consultation du plan de développement des compétences.
FO à vos côtés, pour que vos compétences soient enfin reconnues et rémunérées !
Restons mobilisés. FO ne lâchera rien sur la transparence et le respect de vos parcours professionnels !